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Négociations commerciales : réunion préparatoire lundi à Bercy, malgré le boycott des distributeurs
information fournie par AFP 02/11/2026 à 18:26

Le bâtiment du ministère français de l'Economie et des Finances, fréquemment surnommé "Bercy", à Paris, le 17 août 2026 à Paris ( AFP / Thomas SAMSON )

Le bâtiment du ministère français de l'Economie et des Finances, fréquemment surnommé "Bercy", à Paris, le 17 août 2026 à Paris ( AFP / Thomas SAMSON )

Distributeurs et industriels étaient invités lundi à Bercy en amont de leurs négociations tarifaires annuelles, mais les grandes enseignes de supermarchés ont mis leur menace de boycott à exécution, donnant le ton des futures tractations censées déterminer les prix en rayon.

Ce comité de préparation a démarré comme prévu lundi à 15H00 sous l'égide des ministres du Commerce, Serge Papin, et de l'Agriculture, Annie Genevard, en l'absence de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui représente les principales enseignes (E. Leclerc, Carrefour, Intermarché...).

Elle avait réclamé au préalable la reconnaissance "par tous" de "deux exigences fondamentales" : "la transparence" sur les coûts de la matière première agricole et un traitement différencié pour les PME. En vain, a-t-elle assuré à l'AFP.

Lidl, qui ne fait pas partie de la FCD, a également décliné l'invitation, a indiqué l'enseigne à l'AFP, dénonçant "l'opacité des marges des industriels".

"On veut sortir de ces réunions qui sont un théâtre et des postures où on ne prend aucune décision", avait expliqué lundi matin Judith Jiguet, déléguée générale de la FCD, sur Radio Classique.

Cette réunion organisée au ministère de l'Economie, initialement prévue le 28 octobre, doit poser les bases des négociations commerciales qui ont lieu chaque année, du 1er décembre au 1er mars, entre supermarchés et fournisseurs.

"Variable d'ajustement"

Réputées brutales, ces discussions déterminent in fine les prix en rayon (hors marques propres des distributeurs) et sont régulièrement accusées de mettre sous pression la rétribution des agriculteurs.

Or les distributeurs réclament notamment que les industriels "affichent dans leurs conditions générales de vente la part de chaque matière première agricole, ou leur part globale" utilisée dans leurs produits, pour justifier les demandes de hausses de prix et garantir leur reversement aux agriculteurs.

"Si la distribution veut parler de transparence, qu'elle commence à venir aux réunions prévues à cet effet sous l'autorité de l'Etat", répond l'Association nationale des industriels alimentaires (Ania) auprès de l'AFP.

Les justificatifs, "nous les donnons", a assuré sur RTL son président, Jean-François Loiseau. Mais comme "la matière première agricole n'est pas payée correctement" par les distributeurs, comme le réclame la loi, "ce sont nos entreprises qui devront faire (...) la variable d'ajustement".

Les industriels n'ont pas obtenu les hausses réclamées lors des précédentes négociations, ni les "ajustements techniques" nécessités depuis par l'envol des prix des carburants et de l'énergie avec la guerre au Moyen-Orient, a-t-il ajouté.

Fin octobre, les agro-industriels (Ania, Ilec, Culture Viande, La Coopération agricole et les industries avicoles) avaient fustigé le boycott des distributeurs, estimant qu'ils évitaient de "rendre compte de leurs propres pratiques".

"Recherche d'un équilibre"

Dans un communiqué distinct, Pact'Alim, qui représente les PME et ETI de l'agro-industrie, appelle à "ne pas reproduire"; lors des négociations, "les déséquilibres" des dernières années.

Alors que le cru 2026-2027 s'annonce particulièrement tendu, et l'inflation inéluctable, le gouvernement avait annoncé en octobre vouloir réunir les parties prenantes en amont pour un "pacte de responsabilité".

Les "directives" concerneront "l'ensemble des acteurs", a expliqué dimanche le cabinet de Serge Papin, "ça sera la recherche d'un équilibre entre le pouvoir d'achat des Français et une inflation importée qui pénalise nos agriculteurs et nos PME".

Le cabinet estime par ailleurs que les revendications de la FCD sont déjà prises en compte dans la loi d'urgence agricole, avec notamment une date butoir des négociations avancée pour les PME par rapport au reste des industriels.

Les multinationales qui fournissent la grande distribution - Coca-Cola, Danone, L'Oréal... - dégagent des marges nettes "près de quatre fois plus élevées" que la moyenne de l'industrie agroalimentaire française, selon une étude réalisée par le cabinet Asterès pour la FCD, publiée lundi.

Elles concentrent "les trois quarts" des négociations commerciales, "donc l'effort peut être fait là", a souligné Judith Jiguet.

Mais pour l'Ania, cette étude "hors sujet" ne "reflète en rien la réalité des entreprises qui produisent en France".

De son côté, la FNSEA, le syndicat agricole dominant, appelle dans un communiqué les "acteurs de la chaîne alimentaire" à la "responsabilité", invoquant "la gravité de la situation économique que traversent les exploitations agricoles françaises".

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